Depuis 2023, l'Italie dispose d'un cadre fiscal crypto clair grâce à la Loi de finances 2023 (L. 197/2022, art. 1 alinéas 126-147), qui qualifie les cryptomonnaies de « cripto-attività ». Plus-values taxées à 26 % (2025), avec un taux porté à 33 % dès 2026 (Loi de finances 2025) et le seuil de 2 000 € supprimé dès 2025 ; obligation de déclaration au Quadro RW indépendamment de la valeur. Ce guide explique les règles avec des exemples chiffrés et les erreurs à éviter — vérifiez toujours le taux en vigueur auprès de l'Agenzia delle Entrate.
Comment les cryptos sont imposées en Italie
Depuis 2023, les plus-values issues de la cession de cripto-attività sont soumises à un impôt de substitution de 26 % (art. 67, alinéa 1, lettre c-sexies du TUIR, introduit par la Loi de finances 2023). La Loi de finances 2025 a prévu une hausse du taux à 33 % à partir de 2026 : vérifiez toujours le taux en vigueur auprès de l'Agenzia delle Entrate.
Le seuil de non-imposition de 2 000 € de plus-values annuelles a été supprimé dès 2025 : la plus-value est désormais imposable dès le premier euro. Jusqu'en 2024, les plus-values nettes sous 2 000 € étaient exonérées ; depuis 2025, cette exonération n'existe plus.
Les moins-values peuvent être compensées avec les plus-values de la même année et, en cas d'excédent, reportées sur les quatre années suivantes (art. 68, alinéa 5 du TUIR).
Exemple (taux 2025, 26 %) : vous vendez du BTC pour 30 000 € avec un coût moyen pondéré de 18 000 €. Plus-value : 12 000 €. Impôt : 12 000 € × 26 % = 3 120 € (dès 2026, à 33 %, ce serait 3 960 €). Si la même année vous réalisez une moins-value de 4 000 € sur ETH, la plus-value nette tombe à 8 000 €, l'impôt 2025 à 2 080 €.
Coût moyen pondéré : calcul de la plus-value
L'Italie utilise la méthode du coût moyen pondéré (CMP) pour déterminer le coût fiscal de chaque cripto-attività. Le CMP se calcule en divisant le coût total d'acquisition (tous les achats d'une même cripto-attività) par la quantité totale détenue.
Exemple : vous achetez 1 BTC à 20 000 € en janvier et 1 BTC à 30 000 € en juillet. Votre CMP est (20 000 € + 30 000 €) / 2 = 25 000 € par BTC. Si vous vendez 1 BTC à 40 000 € en décembre, la plus-value est 40 000 € − 25 000 € = 15 000 €.
Le CMP s'applique par cripto-attività et par contribuable — pas par exchange. Toutes vos positions BTC, où qu'elles soient détenues (Binance, Kraken, wallet privé), forment un seul calcul CMP.
Important : le CMP italien diffère du FIFO allemand et du PMP français. SafeTax applique automatiquement la bonne méthode selon le pays de résidence fiscale.
Quadro RW et IVAFE : l'obligation déclarative
Depuis 2023, tous les résidents fiscaux italiens détenant des cripto-attività doivent remplir le Quadro RW de la déclaration de revenus (Modello Redditi PF), indépendamment de la valeur détenue. L'obligation s'applique également aux cryptos en wallet self-custody (hardware ou software).
Le Quadro RW sert à la fois au monitoring fiscal (signalement des détentions) et au calcul de l'IVAFE (Imposta sul Valore delle Attività Finanziarie all'Estero), un impôt patrimonial annuel de 0,2 % sur la valeur moyenne des cripto-attività détenues chez des intermédiaires non résidents.
Les exchanges enregistrés en Italie (ex. Young Platform, Conio, The Rock Trading) sont exemptés de l'IVAFE car ils agissent en tant que substituts d'impôt. Pour les exchanges étrangers (Binance, Coinbase, Kraken, etc.), c'est au contribuable de calculer et verser l'IVAFE.
Les plus-values réalisées se déclarent quant à elles au Quadro RT (Autres revenus financiers), section II.
Le swap crypto-crypto : quand est-il taxable
Une des règles les plus spécifiques de l'Italie : l'échange entre cripto-attività « ayant les mêmes caractéristiques et fonctions » ne génère pas de plus-value imposable (art. 67, alinéa 1, lettre c-sexies du TUIR, dernier alinéa).
Exemple typique : échanger BTC contre ETH — les deux sont des cryptomonnaies de paiement/réserve de valeur, donc le swap n'est pas taxé. Le coût fiscal du BTC d'origine se transfère sur le nouvel ETH reçu.
Exemple limite : échanger BTC contre un NFT spécifique, ou contre un token utilitaire très différent (par ex. governance token DAO). Ici la « même caractéristique/fonction » peut ne pas être reconnue, et l'échange devient imposable.
L'Agence fiscale italienne n'a pas publié de liste exhaustive, mais la circulaire 30/E du 27 octobre 2023 fournit des critères d'interprétation. En cas de doute, consultez un expert-comptable spécialisé crypto.

Staking, mining, airdrops et DeFi
Les récompenses de staking et les revenus de mining sont qualifiés de « revenus divers » (art. 67, alinéa 1, lettre c-sexies du TUIR) et taxés au même taux que les plus-values — 26 % en 2025, 33 % dès 2026 — au moment de la réception, valorisés au prix de marché en euros à la date de perception.
Les airdrops reçus sans contrepartie sont également taxés comme revenus divers (26 % en 2025, 33 % dès 2026) à la valeur de marché à la date de réception. Lorsque vous vendrez ces tokens plus tard, la plus-value sera calculée sur la différence avec cette valeur initiale.
Les rendements DeFi (liquidity mining, yield farming, lending) suivent un traitement similaire au staking, même si la qualification précise peut varier selon la structure du protocole. Pour les cas DeFi complexes, consultez un expert-comptable.
DAC8 : à partir de 2026, les exchanges et custodial wallets sont obligés de remonter automatiquement les données de leurs clients européens aux autorités fiscales nationales. Les déclarations incomplètes sont donc facilement détectables.
Erreurs fréquentes à éviter
Erreur 1 : ignorer le Quadro RW si on ne détient que quelques centaines d'euros en crypto. L'obligation déclarative existe indépendamment de la valeur — même une détention minimale doit être déclarée.
Erreur 2 : croire que le seuil de 2 000 € existe encore. Il a été supprimé dès 2025 : la plus-value est imposable dès le premier euro (l'exonération ne valait que jusqu'en 2024).
Erreur 3 : appliquer le CMP par exchange au lieu de par cripto-attività. Le CMP se calcule en consolidant tous les achats d'un même actif, indépendamment de l'exchange.
Erreur 4 : déclarer les swaps de « même nature » comme opérations imposables. Un swap BTC → ETH ne génère pas de plus-value imposable.
Erreur 5 : oublier l'IVAFE. Pour les cryptos détenues sur exchanges étrangers, l'impôt patrimonial de 0,2 % doit être calculé et versé même si vous n'avez pas réalisé de plus-values dans l'année.
Calculez vos impôts crypto italiens en quelques minutes
Coût moyen pondéré automatique, taux à jour (26 % 2025 → 33 % 2026), valeurs pour Quadro RT et Quadro RW, IVAFE — tout automatisé avec SafeTax. Analyse gratuite, paiement uniquement pour débloquer votre rapport.
Essayer SafeTax gratuitementQuestions fréquentes sur la fiscalité crypto en Italie
Quel est le taux d'imposition des cryptomonnaies en Italie ?
Les plus-values sont soumises à un impôt de substitution de 26 % en 2025, avec un taux porté à 33 % dès 2026 (Loi de finances 2025). Le seuil d'exonération de 2 000 € a été supprimé dès 2025 : la plus-value est imposable dès le premier euro, et les détentions doivent toujours être déclarées au Quadro RW. Vérifiez le taux en vigueur auprès de l'Agenzia delle Entrate.
Dois-je déclarer mes cryptos si je n'ai pas réalisé de plus-value ?
Oui. Depuis 2023, tous les résidents fiscaux italiens doivent remplir le Quadro RW de la déclaration de revenus pour chaque cripto-attività détenue, indépendamment de la valeur — y compris pour les cryptos en wallet self-custody.
Les échanges crypto-crypto sont-ils taxables en Italie ?
Cela dépend. Les échanges entre cripto-attività « de mêmes caractéristiques et fonctions » (ex. BTC → ETH) ne génèrent pas de plus-value imposable. Les échanges vers un actif de nature différente (NFT, token utilitaire, etc.) sont en revanche imposables.
Qu'est-ce que l'IVAFE sur les cryptos ?
L'IVAFE (Imposta sul Valore delle Attività Finanziarie all'Estero) est un impôt patrimonial annuel de 0,2 % sur la valeur moyenne des cripto-attività détenues chez des intermédiaires non résidents (Binance, Coinbase, Kraken, etc.). Les exchanges italiens sont exemptés.
Les récompenses de staking sont-elles taxables ?
Oui. Les récompenses de staking sont qualifiées de « revenus divers » et taxées au même taux que les plus-values (26 % en 2025, 33 % dès 2026) au moment de la réception, valorisées au prix de marché en euros à la date de perception.
Puis-je compenser mes moins-values avec mes plus-values ?
Oui. Les moins-values crypto peuvent être compensées avec les plus-values de la même année fiscale. L'excédent non compensé peut être reporté sur les quatre années suivantes.
SafeTax peut-il générer la déclaration italienne ?
SafeTax importe vos transactions, applique le coût moyen pondéré par cripto-attività et les règles fiscales italiennes (impôt de substitution sans le seuil de 2 000 €, désormais supprimé, gestion des swaps de même nature, etc.), et calcule toutes les valeurs nécessaires pour le Quadro RT et le Quadro RW. Vous reportez ensuite vous-même les valeurs dans le Modello Redditi PF.
Quelle méthode de calcul du coût s'applique en Italie ?
L'Italie utilise le coût moyen pondéré : pour chaque crypto-actif, le prix d'acquisition est la moyenne pondérée de tous vos achats, utilisée pour calculer la plus-value à la cession.
Quels formulaires remplir pour les cryptos en Italie ?
Les plus-values se déclarent au Quadro RT du Modello Redditi PF, tandis que la détention (suivi) figure au Quadro RW. Les cryptos détenues chez des intermédiaires non résidents entraînent aussi l'IVAFE.
Combien coûte SafeTax ?
Le simulateur d'impôt crypto est gratuit. Générer un rapport prêt à déclarer pour une année fiscale donnée est payant, selon votre nombre de transactions ; un abonnement optionnel débloque le simulateur Advanced (optimisation de lots et aperçu d'impact d'une transaction).
SafeTax est-il un conseil fiscal ?
Non. SafeTax est un outil pédagogique et d'aide à la déclaration, pas un conseil fiscal. Les montants sont calculés à partir des règles fiscales publiques de chaque pays ; pour votre situation personnelle, confirmez avec un professionnel qualifié.
Qu'est-ce qui distingue SafeTax des autres outils ?
SafeTax est privacy-first : chaque chiffre est calculé dans votre navigateur et rien n'est stocké (zéro rétention). Il couvre 19 pays avec une méthode de calcul propre à chacun, existe en 9 langues, et propose un simulateur gratuit pour estimer votre impôt avant d'acheter un rapport.
SafeTax fournit des outils d'aide à la déclaration fiscale mais ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé. Consultez toujours un professionnel qualifié pour votre situation spécifique. Les informations fiscales peuvent évoluer et varient selon les juridictions.
